Nouvelle ambition pour l’Hôtel-dieu et pour Lyon

La transformation de ce bâtiment, symbole de l’Histoire de Lyon, en un nouveau lieu de consommation et de loisirs ne nous paraît pas le meilleur choix possible. Deux raisons à cela. Le modèle de développement choisi depuis une quinzaine d’années – attractivité et rayonnement par une offre de services, de consommation et de loisirs, notamment de grands événements culturels – nous paraît arrivé à son terme.  Et la perspective d’une rue Grôlée, voisine, réanimée sur le même modèle, conduit inévitablement à l’échec de l’un des deux projets.
Aussi est-il encore temps de donner une autre direction à l’avenir de l’Hôtel-dieu, entre rappel de la tradition et modernité.

 

Il est acquis que des soins d’ordre hospitalier ne peuvent plus être prodigués sur le site. En revanche, dans la tradition humaniste et médicale de la ville, nous souhaitons voir s’installer là l’épicentre de la politique de prévention que nous entendons menée à Lyon, auprès des publics les plus fragiles et auprès des enfants. Les enjeux de santé publique méritent un pôle de coordination des acteurs de terrain, intégrant les industriels de la santé du territoire. Nous pouvons construire un nouveau partenariat durable avec les associations, évitant l’émiettement des financements publics. Il sera fondé sur une volonté commune d’obtenir des résultats mesurables. Le projet de PRPS (Pôle régional de Prévention Santé) que nous avions soutenu en 2009 constitue une référence.

Dans esprit de service à rendre à nos concitoyens que nous proposons aussi, et ce en accord avec les responsables médicaux de cette structure, le transfert de la maison médicale de Garde dite Sarrail à l’angle Barre-Courmont de l’Hôtel Dieu.

Au côté de cette politique de prévention, nous voulons valoriser dans ce lieu l’apport des savants lyonnais à la science médicale. Cet apport est conséquent, et les noms prestigieux qui émaillent nos rues ne constituent pas une reconnaissance à la hauteur de ces talents. Avec la Maison Monoyer dans le 3e arrondissement, il est possible de regrouper toutes les collections publiques et privées (transfert notamment du musée d’anatomie de la faculté de médecine de Lyon et du jardin botanique de la faculté de pharmacie) dans un parcours muséal qui constituera un lieu de référence pour les étudiants de toute l’Europe.

 

Enfin, l’Hôtel-dieu peut aussi devenir  le symbole de la nouvelle orientation que nous voulons donner au développement économique de Lyon. Nous bénéficions d’un groupe d’entreprises de la santé unique en Europe, ainsi que de ressources universitaires et scientifiques quasiment sans limite.

Pourtant, faute d’une orientation stratégique forte, Lyon est absente des grands enjeux de santé autour des MedTech ou du numérique et de la santé à domicile. Notre ville devrait être en pointe sur ce sujet. Aussi, nous souhaitons, en associant les industriels et les universités du territoire, installer à l’Hôtel-dieu une plate-forme partagée d’entreprises innovantes et de créateurs sur ces sujets. Une nouvelle dynamique économique pour la santé, créatrice d’emplois, est possible ; qu’elle puisse prendre naissance à l’Hôtel-dieu serait signe de modernité.

 

 

Sincèrement
Eric Lafond

www.ericlafond2014.fr

@lafonderic